Esthétique et Espace public

Conférence du professeur François Soulages
sur le thème 
Les frontières entre esthétique & esthétisation de l'espace public

Suivie d’une présentation de son ouvrage

Le Corps-internet

disponible en langue bulgare aux éditions Ciela

Discutant : Anna Kratseva

28 octobre 2014 à 18h30

Institut Français de Bulgarie - 3, place Slaveykov, Sofia

 

Traduction simultanée français-bulgare, entrée libre

Francois_soulages.gifL’espace public est considéré à la fois comme un espace concret des formes urbaines accessibles au public et comme un espace virtuel de dialogue. Ainsi, l’esthétique désigne autant les réflexions qui s’exercent sur les pratiques et les productions artistiques dans la ville, que l’analyse de l’expérience esthétique et sensible des habitants. La notion d’esthétisation de l’espace public rend compte d’une série de phénomènes qui traduisent l’importance croissante de l’esthétique dans l’espace public comme l’illustrent notamment les interventions croissantes des artistes (art urbain, arts de la rue, commandes publiques, etc.) dans les espaces publics urbains.

François Soulages est un critique d'art et un esthéticien français, spécialisé en esthétique de la photographie. Il est professeur d'esthétique au département d'arts plastiques de l'Université Paris 8, où il dirige l'équipe de recherche "Arts des Images & Art contemporain". Son ouvrage « Esthétique de la photographie » a déjà été traduit en plusieurs langues et devrait être publié en langue bulgare. Auteur de nombre d’ouvrages dans ces domaines, il dirige ou codirige plusieurs collections éditoriales.

Comme toutes les religions, Internet agit sur le corps de ses membres – revoir l’image en frontispice du Léviathan de Hobbes – et constitue un corps sociétal, voire un corps politique. Comment donc caractériser ce corps-internet ? Les enjeux sont massifs : il en va des corps de chaque utilisateur d’Internet. Car on ne pratique pas sans risque le réseau ou la toile : on s’y investit, parfois, corps et âme, sans l’avoir vraiment voulu. Certains en ont le corps addicte, d’autres le corps serf et dépendant. On commence par s’y montrer, on finit par s’y perdre, les amis ayant métamorphosé notre corps en image-internet vouée à la globalisation de sa consommation. On voulait s’y faire un nom, on s’y fait un moi-internet.
Mais cela n’est pas toujours si excessif ni si négatif ; d’autres s’en tirent bien, très bien : ils s’y réalisent ou y effectuent le rêve, la révolution, en tout cas, une certaine évolution, une certaine métamorphose. Le corps-internet peut alors être un corps de libération, voire même de liberté. Et ce, quand il se dirige vers l’interhumanité, car Internet peut aussi favoriser cette intersubjectivité