Exposition "Palais Potemkine" à la Galerie nationale- Le Palais

19.05-20.08.2017

Galerie nationale bulgare - le Palais

1 place Knyaz Alexander I N°1

19.05-20.08.2017

L'exposition « Palais Potemkine » ouvre ses portes au public le 19 mai et jusqu'à la fin du mois d'août. Elle est organisée par Pernod Ricard Bulgarie, la Fondation Ricard pour l'art contemporain et la Galerie nationale bulgare- le Palais et est realisée avec le soutien de l'Institut français et comprend la photographie, sculpture, installations vidéos, performances, et plusieurs événements spéciaux. Le Commissaire de l'exposition, franco-bulgare est Emil Ouroumov.

“Palais Potemkine”


Une sélection d’artistes nominés ou lauréats du Prix Fondation d’entreprise Ricard
19 мai- 20 аoût
Galerie Nationale / le Palais

Аrtistes :
Mathieu K. Abonnenc, Bertille Bak, Stéphane Barbier-Bouvet, Julien Bismuth, Cyprien Gaillard, Louise Hervé & Chloé Maillet, Stefan Nikolaev, Lili Reynaud-Dewar, Jimmy Robert, Bruno Serralongue, Marie Voignier.


Le choix des artistes, participants à l'exposition est motivé par la pluralité de leurs préoccupations qui déborde l’étanchéité des frontières géographiques, stylistiques ou thématiques. Leurs recherches et collaborations les mènent dans des territoires d’outre-mer, des anciennes colonies, des pays de l’ancien Bloc de l’Est, des zones urbaines ou reculées en France et à travers le monde.

Le commisaire de l'exposition "Palais Potemkine" est Еmil Ouroumov qui vit et travaille à Paris. Ses recherches actuellles et futurs intérêts englobent la nature politique des espaces d'exposition, la permiabilité des rôles entre le commissaire d'exposition et les artistes, l'incertitude du métier de commissaire d'exposition, la langue  -l'art et le contexte qui accompagnent les expositions contemporaines comme la rédaction des critiques et des communiqué de presse.

 

 


Créé en 1999, le Prix Fondation d’entreprise Ricard a été le premier prix à récompenser les talents émergents de la scène artistique contemporaine. Chaque année un commissaire indépendant est invité à organiser une exposition à la Fondation, présentant un groupe d'artistes émergent de la scène artistique française. Le Prix est ensuite décerné à l'un des artistes sélectionnés par un jury composé de collectionneurs, directeurs de musées et des commissaires des éditions précédentes du Prix Ricard. Il consiste en l'achat d'une œuvre au lauréat, qui est ensuite offerte au Centre Pompidou et présentée dans ses collections permanentes, ainsi qu’au financement d’un projet du lauréat à l’étranger.

Après une série d’expositions des lauréats du Prix Fondation d’entreprise Ricard à Moscou (2008), Séoul (2014) et Mexico (2016), pour la première fois à Sofia, la Fondation Ricard présente l'exposition « Palais Potemkine » qui inclut des artistes nominés pour ce prix fondé en 1999. 


En parallèle de l'expsoition :

Performances
et  programme des conférences Introduction à l'art contemporain: villages Potemkine, dans le monde et en Bulgarie, en coopération avec OPEN ARTS Foundation и SARIEV GALLERY Contemporary:

Samedi 20 mai )
Rencontres-Discussions avec les artistes: Stefan Nikolaev, Bruno Serralongue

Performances :
*Julien Bismuth, Slapdash
*Louise Herve & Chloe Maillet, A side [Сôté А], avec Stephan Dodourov
20:00 / 21:00 / 22:00

Nuit européenne des musées
Performances
*Louise Herve & Chloe Maillet, A side [Сôté  А], avec Stephan Dodourov

01.07.2017 (Samedi)
15:30-18:00
Rencontres-Discussions avec l'artiste
Mathieu K. Abonnenc

Performances :
*Louise Herve & Chloe Maillet, A side [Сôté А], avec Stephan Dodourov

Discussions avec le commisaire de l'exposition
Svetlana
Kuyumdzhieva, directeur artistique de Plovdiv 2019

02.07.2017 (Dimanche)
14:00-18:00
Rencontres-discussions avec les artistes
Marie Voignier, Stéphane Barbier-Bouvet

Performance :
*Jimmy Robert, Figure de style [Figure stylistique]

Discussions avec le commissaire de l'exposition
Pierre Bal-Blanc, commissaire de l'équipe du document 14 2017 - Аthènes -Cassel.

Cliquez ici pour voir un article publié sur Programata

Lorsque Emil Ouroumov, commissaire de l'exposition, diplômé de la Sorbonne, a dû choisir 12 artistes français contemporains pour l'exposition à la Galerie nationale de Sofia, il a commencé par s'intéresser à l'histoire entre autres de la résidence administrative du Pacha turc, la construction du palais pour la famille royale, le parti, le Mausolée, les tranformations, l'enlèvement de l'étoile en hélicoptère et le nouveau rôle de la galerie. Beaucoup d'époques réunies dans un même espace, aurions nous pensé, néanmoins Emil réussit à trouver une métaphore à chacune d'elle.

L'expression '' village Potemkine" renvoie à un trompe l'oeil  à des fins propagandistes liés au prince Grigory Potemkin. Au 18 ème siècle, le prince ordonne la mise en place de décors sur de jolies maisons de campagne, afin que l'impératrice Catherine II puisse les voir lors de sa visite dans le sud de la Russie. Cette anecdote soulève une question importante : la politique doit-elle être éloignée et préfabriquée, ou bien faire un commentaire des problèmes actuels? Tout comme l'art. Ainsi à partir d'une base de 150 noms, récompensés ou nommés au prix de la fondation Ricard (lieu d'expérimentation et d'art contemporain à Paris), le commissaire a fait le choix, pour l'exposition au Palais Potemkine, de 12 points de vue différents à l'égard des problèmes de notre temps. Avant son inauguration le 19 mai, partons avec Emil à la découverte des travaux des artistes.

 

АDRIEN MISSIKA


Sa vidéo Аs The Coyote Flies  de 2014 a mis le pied sur l'argot - « Coyotes » sont appelés les passeurs, qui transportent des migrants à la frontière, dans ce cas précis entre le Mexique et les États-Unis. Il y a en effet depuis longtemps un long mur, bien  avant de parler de Trump. Long d'environ 1000 kilomètres, et dont les images prises par les drones montrent comment ce mur s'enfonce dans l'océan Pacifique. Tout cela est un commentaire visuel des relations internationales, dans la continuation de cette oeuvre sera disposé dans une seconde salle la série de Missika We Didn’t Cross The Border, The Border Crossed Us  des clichés de cactus, très fréquents pour cette région. Certains d'entre eux ont 150 ans,  c'est-à-dire sont plus âgés que la frontière, ce qui nous amène à penser à la façon dont ce mur n'est pas naturel et éloigné des émotions de la nature.

МАТHIEU K. ABONNENC

 

En tant qu'artiste, né en Guyane française,  Abonnenc s'est surtout intéressé aux phénomènes postcoloniaux. Dans sa série Forever Weak And Ungratefu  d'héliogravures (vieilles reproductions photographiques - NDLR)  nous pouvons voir une statue d'un homme politique français qui s'est battu pour mettre fin à l'esclavage en Guyane française au 19ème siècle. Le monument est situé dans le centre administratif de Cayenne et représente un geste de gratitude, mais l'artiste n'oublie pas de nous rappeler son message. Il suffit de regarder comment l'homme politique - un européen vêtu d'un costume, en regardant d'en haut  l'esclave nouvellement  libre, qui ne porte qu'un bout de tissu entre ses cuisses,  lui montre avec bienfaisance son bel avenir. Aujourd'hui encore en Guyane ces éléments d'obéissance sont actuels et les gens sentent qu'ils sont encore d'une importance secondaire.


MARIE VOIGNIER

 

Son film documentaire de 50 minutes Hinterland nous plonge à 70 kilomètres au sud de Berlin,  où était située une base militaire soviétique à l'époque. L'endroit est réellement gigantesque - des centaines de mètres de long et de hauteur- peu de temps après,  un entrepreneur la  rachète , pour en faire une station touristique en faux-semblant. Son slogan sonne ainsi : « En Allemagne, il fait gris et froid et pas tout le monde a  le temps ni l'argent pour s'évader sur une île tropicale, c'est pourquoi j'ai décidé de ramener  les Tropiques en Allemagne. » La température intérieure est de 25 ° en permanence, la piscine-mer est chauffée à 30 °, l'humidité de l'air est de 60%, il y a même de la verdure avec 600 espèces végétales, une affiche géante avec le ciel bleu et des huttes tropicales. Quelque chose comme un Disneyland touristique et certainement un bon exemple d'un village Potemkine. Dans le film, Marie raconte l'histoire de l'entrepreneur et les gens avoisinants autour de cette base, et soulève de différentes questions , y compris les partis d'extrême droite qui se sont engagés dans le projet.

STEPHAN NIKOLAEV

 


Le seul artiste bulgare de l'exposition réitéra l'une de ses installation-performance, qu'il a présenté pour la première fois en 2002 à la Biennale au Monténégro. Son nom est Under Reconstruction, où il imprime des étiquettes sur des centaines de casques de chantier. Le but recherché est de montrer que dans les Balkans, nous avons vu beaucoup de casques de ce genre- des soldats pendant la Première Guerre mondiale à ceux de l'armée soviétique, les guerres Yougoslaves, et bien sûr le célèbre casque jaune des ouvriers de chantier des années 90. Toutefois, le titre de l'exposition et sa conception sont légèrement différents, quant aux casques ils seront situés dans la salle de bal du Palais afin que les visiteurs puissent en emporter chez soi.

BЕRTILLE BAK

 

Ses trois canaux de vidéo sont appelés Usine À Divertissement qui portent un regard direct sur la Thaïlande, le Maroc et la région de la Camargue en France, menacées par la pression des touristes qui s’y rendent là-bas pour voir de plus près leurs traditions et mode de vie. Ainsi , la population de ces régions est contraint de créer une attraction permanente, ce qui constitue le point de départ de l'oeuvre Bak. Dans ses vidéos , elle pousse les gens à inventer par eux- mêmes des rituels qui mettent en scène leur propre vie, puis les enregistre. Le résultat est souvent comique et est un exemple des villages Potemkine, avec une tonalité ironique , tournée vers nous même.

СYPRIEN GAILLARD

 


Il arrive avec Fence (After Owen Luder) - une reproduction d'une célèbre grille de l’architecte britannique Owen Luder qui , dans les années 60 conçoit une architecture brutaliste en utilisant beaucoup de béton et des formes simples. Il s’agit ici d’un parking personnel à plusieurs étages, qui fut une apparition même dans le film la loi du milieu avec Michael Caine. Sur le toit, il y avait des grilles qui empêchaient les gens de grimper, pour faire la fête ou du skate-board. Ces éléments sont appelés « architecture défensive » et sont intéressants parce qu'ils poursuivent un but opposé - au lieu d'aider les gens, ils les empêchent. Aujourd'hui, le parking est détruit, considéré comme laid, et cela provoque Gaillard de reconstruire la grille de bronze et faire quelque chose comme un mémorial du monument disparu. Son objectif est de susciter la réflexion – à propos du fait, que plus nous détruisons, plus les villes s’uniformisent et se banalisent


LOUISE HERVE ET CHLOE MAILLET

 


Leur installation avec la projection de diapositives s’appelle Spectacles without Objects  (Spectacles sans  objets ) et explore l’origine du concept de « performance ». Dans cette œuvre, nous y voyons Hervé et Mayen de « retour » au 19ème siècle et rejouent (ou interprètent )des parties de la vie d'un groupe de socialistes utopiques - disciples du philosophe Saint-Simon, qui décident de vivre ensemble dans une grande maison près de Paris. Tous les jours, ils invitent le public  pour observer  leurs activités quotidiennes - comment laver son linge, cuisiner et retourner la terre du  jardin à la façon dont ils s’habillent. Ils inventent même des vêtements spéciaux qui se ferment uniquement par derrière ce qui implique nécessairement quelqu'un pour vous aider. Avec eux vit un compositeur qui invente des chansons spéciales pour certains moments de la journée. Aujourd'hui , avec l'installation il y aura un gramophone qui tente de recréer une partie  d'entre eux avec une performance d’un artiste bulgare, qui donnera des instructions comment agir sur place.


JIMMY ROBERT

 

Né en Guadeloupe, il vit aujourd'hui à Bucarest et en juillet il viendra à l'exposition pour sa propre performance Figure stylistique -  en référence envers le célèbre Cut / Piece  de Yoko Ono en 1965, quand elle demande au public de couper ses vêtements jusqu'à ce qu'elle soit nue. Dans ce cas, cependant, il s’ enveloppe dans du ruban de papier et demande au public de le retirer de son corps. Avec cela, il attire l’attention des visiteurs vers  le corps noir, qui est presque absent des galeries.

BRUNO SERRALONGUE

 

Bien que son travail rappelle essentiellement la Photographie de presse, en réalité Serralongue en voyant la nouvelle dans le journal et se dirige avec son appareil photo sur le lieu,  pour créer sa propre histoire. L'exposition montre deux de ses séries - récemment détruit le camp de réfugiés à Calais, qu’ il a photographié de 2006 à 2016, comme le Kosovo - des célébrations autour de la déclaration d’ indépendance en 2008 à son développement en tant que nouveau Etat avec les premières foires d'ingénierie, des réunions d’affaires et la création d’image d'un lieu encore récemment  inexistant sur la carte. 

LILLI REYNAUD-DEWAR


Cette vidéo à deux canaux s’appelle Live Through That () dans laquelle Dewar se recouvre entièrement d’une peinture noire,  va dans le musée et fait des gestes chorégraphiés, en lien avec la célèbre danseuse noire Joséphine Baker. Cette démonstration rend hommage à la personnalité de Baker, qui a combattu les stéréotypes raciaux, parce qu'à son époque (début du  20ème siècle - NDR) dans le cinéma et le théâtre existe encore blackface - les blancs, qui sont peints, pour jouer des noirs dans des films ou des pièces de théâtre, qu’ils ne sont pas autorisés à l' écran et sur scène. Avec sa performance, elle souhaite susciter une réflexion à propos de l'égalité d'accès à la culture et le rôle des institutions  dans ce secteur. L'extrait en question se trouve au Musée d'Art Contemporain de Bolzano, en Italie, à l'occasion d' une exposition très intéressante - Soleil politique. Le commissaire de cette exposition Pierre Bal-Blanc viendra à Sofia en Juillet pour en parler plus en détail. 


STEPHANE BARBIER BOUVET

Ses œuvres sont plus proches du design et travaillent souvent avec des objets tout faits sans rajouter des éléments extérieurs. Pour cette exposition , il fera une proposition spécifique,  tout à fait clair - ou ça sera lié au rôle des gardiens des musées, ou des objets à l' intérieur, comme des bancs, des chaises et des extincteurs. La photo ci-dessus provient du Centre au Pompidou, où il crée quelque chose qui s'apparentent à des sièges en utilisant différents éléments de l'entrepôt du musée.

JULIEN BISMUTH

Nous verrons sa nouvelle performance qui s’appelle Slapdash, à savoir quelque chose fait de façon précipitée et sans réflexion. Je donne un exemple d'une performance similaire datant de 2016, quand il pique un ballon, rempli d'une poussière jaune, et le dépose par terre. Ou bien il boit un verre en s'éloignant, ensuite  il utilise du rouge à lèvres pour peindre quelque chose sur le mur. L' un de ces nouveaux gestes sera de retirer une photo de sa poche, de la déchirer en morceaux et afin que ces bouts de papier restent sur le sol jusqu'à la fin de l'exposition. A sa performance du 20 mai ( au cours de la Nuit des musées ) , il y aura quelque chose comme un scénario que nous pourrons trouver déposés sur les miroirs à l' intérieur. 

L'exposition "Palais Potemkine" de la Fondation Ricard avec le commissaire Emil Ouroumov aura lieu à la Galerie Nationale dans le Palais du 19 mai au 20 Août.