Conseils Littéraires

Au détour des rayons de la médiathèque de l'Institut français de Bulgarie, la passionnée @Litte.r.aria partage ses conseils littéraires pour donner envie de croquer les mots à pleines dents !

"L'usage du monde" Nicolas Bouvier, Thierry Vernet.

Été 1953, Nicolas Bouvier a 24 ans et décide de quitter Genève et son université pour se lancer dans un long voyage. A bord d’une toute petite voiture, il part à la rencontre des peuples des Balkans, de Turquie, d'Iran, et d’Afghanistan jusqu’à la frontière avec l'Inde. Il est accompagné dans son périple par Thierry Vernet, un ami dessinateur qui illustrera leur périple.
La plume sensible de Nicolas Bouvier nous offre une véritable réflexion sur l’art de voyager, sur le choix de la vulnérabilité, de la lenteur comme seul luxe, pour comprendre les personnes rencontrées, leurs rêves et leurs difficultés. Bercés par le récit d’un voyage extraordinaire, nous réapprenons à regarder les choses et le monde, nous renonçons à nos certitudes et faisons le choix de plonger dans un univers où tout devient source d’étonnement. Nicolas Bouvier peint son œuvre de bleu, de poésie et de lumière, nous offrant d’uniques rencontres et l’infini des paysages des terres orientales.

"La promesse de l'aube", Romain Gary.

« Je pensais à toutes les batailles que j’allais livrer pour elle, à la promesse que je m’étais faite, à l’aube de ma vie, de lui rendre justice, de donner un sens à son sacrifice ». R. Gary.

Romain Gary fut diplomate, aviateur, décoré de la Croix de guerre et reçu deux fois le prix Goncourt. Ces triomphes, c’est à sa mère qu’il les doit.

Elle le voulait Président de la République, Ambassadeur de France, écrivain… Gary s’acharnera à tenir ces promesses faites pour lui par une femme à l’amour infini, dotée d’une force d’âme et d’un courage admirable.

Romain Gary raconte sa vie de petit garçon choyé par une mère russe, artiste, abandonnée très tôt par son mari. De la Russie à la Pologne, la plume comique et cruelle de Gary dévoile les difficultés quotidiennes d’une mère seule et de son enfant. Fils chéri promis au bonheur et à la gloire, sa mère s’engagera avec dignité dans tous les métiers imaginables pour lui assurer une éducation et une vie exemplaire.

La violente personnalité de Gary, oscillant entre égocentrisme et dérision, s’exprime avec une justesse parfois voilée d’humour, dans cet hymne à l’amour.

Depuis les heures passées, à 8 ans, à écrire des listes de pseudonymes grandioses pour sa future œuvre littéraire, à ses déboires d’aviateur pendant la Seconde Guerre mondiale, nous plongeons dans une enfance et une jeunesse hantée par une mère au caractère impétueux et aux valeurs guidées par un puissant attachement à la France.

Magnifique et profondément sensible !

 

"Les filles de Salem", Thomas Gilbert.

Abigail vit dans un paisible village au milieu des forêts. Alors que son corps se tranforme, l'enfant qui devient peu à peu femme découvre une société empreinte de cruauté et de croyances populaires ancrées dans la peur de l'autre et la haine.
Bientôt, les esprits s'échauffent sous les exhortations d'un homme d'Eglise assoiffé de pouvoir, les villageois s'engagent alors dans une chasse sanglante aux démons et aux sorcières.
Cet ouvrage est dédié aux sorcières d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Une histoire pour ne pas oublier celles de toutes les femmes torturées et tuées, parce qu'elles étaient femmes et parce qu'elles gênaient la toute-puissance masculine.

"Cadavre exquis" de Pénélope Bagieu.

L'auteure nous offre une délicieuse romance peinte d'humour et un trio de personnages explosif. On sent les résonnances avec l'ouvrage de David Foenkinos, Le Mystère de Henri Pick, réinterprété par le crayon mordant de Pénélope Bagieu.

Une lecture drôle et légère pour un samedi matin sous la couette.

"La Ministre est enceinte ou la grande querelle de la féminisation des noms", Bernard Cerquiglini.

Jeudi 28 février 2019, l’Académie française adopte à une large majorité le rapport sur la féminisation des noms de métiers et de fonctions. Ce n’est ainsi que depuis un peu moins d’un an que le bastion masculin des hautes fonctions perd ses privilèges lexicaux.

Dans cet ouvrage, Bernard Cerquiglini retrace avec brio l’histoire conflictuelle de la lutte pour l’égalité des sexes à partir de la langue française. Précis et clair, le linguiste nous offre une critique très documentée de la résistance absurde de l’Académie française et de tout un pan d’intellectuels aux réalités d’une société en constante évolution. Il réfute un à un les arguments qui ont fait de la langue française métropolitaine l’un des derniers bastions à s’opposer à la nécessaire et naturelle féminisation des noms.

L’ouvrage est illustré par de nombreux exemples linguistiques précis franchement drôles par leur absurdité, absurdité cautionnée par les plus hautes instances pendant des années.

 

"L' Attentat", encore un chef d'oeuvre de Yasmina Khadra.

Cette fois l'histoire se déroule entre Israël et Palestine, Y.Khadra nous plonge dans le coeur de ces deux peuples bien trop liés pour pouvoir se haïr sans s'autodétruire. Amine, chirurgien israélien d'origine arabe le comprendra au prix d'une chute subite dans l'horreur et le désespoir.
Oeuvre bouleversante qui révèle l'absurdité du conflit.

"Persepolis", Marjane Satrapi

Marjane Satrapi raconte son enfance en Iran, les conflits qui gangrènent le pays, la guerre, la révolution islamique. Enfant éveillée et curieuse, elle n'a pas la langue dans sa poche et se rebelle contre les décisions absurdes des intégristes religieux qui enfoncent le pays dans une guerre sans fin et réduisent peu à peu les droits des femmes.

Chef d'oeuvre humaniste, témoignage sur la difficulté de l'exil et réflexion sur le passage à la vie adulte, Persepolis est une bande dessinée impactante, subtilement teintée d'humour.

En 2007, la BD a été adaptée en long métrage d’animation par Vincent Paronnaud et Satrapi, et a obtenu le prix du jury du Festival de Cannes. Le film est aussi à voir absolument !

"Les hirondelles de Kaboul", Yasmina Khadra.

« Le malheur déploie sa patrie là où la femme est bafouée. » Yasmina Khadra.

Les oiseaux ne chantent plus à Kaboul, ville abandonnée par la vie, véritable charnier dénué de toute humanité. Quelques âmes se battent encore, tentent de résister aux interminables injures, aux années de guerres qui ont détruit l'insouciance des enfants. Kaboul, trou noir où l'amour à peine éclôt ne résiste pas aux assaults de la violence et de la destruction. Yasmina Khadra nous offre une nouvelle fois un récit intense qui nous entraîne dans le gouffre du coeur des hommes. Ce livre est aussi un cri, celui d'un engagement répété pour l'émancipation des femmes dans les pays musulmans.

A voir : l'adaptation en film d'animation de Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mévellec, sorti en 2019. Des aquarelles à couper le souffle qui soulignent la beauté terrible du quotidien à Kaboul.

"Raboliot" de Maurice Genevoix


Une lecture "terroir" pour les amoureux de la Sologne !
Un braconnier solognot attachant voit sa vie tranquille basculer brusquement lorsqu'il est pris en grippe par les forces de l'ordre du village.
Au-delà de l'histoire, c'est l'écriture remarquable de Maurice Genevoix, mêlant les sentiments du personnage Raboliot, imprégnés des milles sensations de son territoire, aux riches paysages solognots, qui nous plonge dans le livre. Vivement recommandé pour tous les amoureux de la nature, du territoire, de la Sologne et de la grande littérature. Ce roman a reçu le prix Goncourt en 1925.

"Léon l'Africain" de Amin Maalouf

Au début du 16ème siècle, un ambassadeur maghrébin est capturé par des pirates siciliens, et offert en cadeau au pape Léon X. Le voyageur Hassan al-Wazzan, devenu Léon l’Africain, sera conseiller du Pape et vivra les grands événements de son époque, de la Reconquista à la conquête de l’Egypte par les Ottomans en passant par les plus belles heures de Rome mais aussi par les plus sombres.

Humaniste passionné, Amin Maalouf nous raconte avec brio la vie de cet homme d’Orient et d’Occident, homme d’Afrique et d’Europe, personnage mi-fictif mi-réel qui voyage entre les terres, les langues et les religions.

"Les grands espaces" de Catherine Meurisse.
D'une immense douceur, cet ouvrage nous plonge dans la campagne française, à la découverte de ses trésors et de ses mystères. L'auteure raconte son enfance, ses jeux et ses rêves, à travers de magnifiques dessins ponctués de fines touches d'humour. Hymne à la campagne, cette bande-dessinée porte aussi un regard critique sur les dangers qui la guettent, urbanisation, monocultures...
Prenez une bouffée de grands espaces et perdez-vous dans les labyrinthes de tournesol en récitant des passages de Proust, Rabelais ou Zola.

 

 

"Le Dieu Vagabond" de Fabrizio Dori.

Eustis est un satyre, membre de la cour du Dieu de l'ivresse, Dionysos. Maudit par la déesse Artémis,il se retrouve à errer dans le monde des mortels. Il va alors entreprendre une quête pour retrouver son univers magique.

Une oeuvre poétique déjantée qui nous offre un doux mélange de mythologie et d'humour illustrée par de splendides dessins.

 

 

 

 

"Les Culottées" est une magnifique oeuvre graphique de Pénélope Bagieu, hommage aux nombreuses femmes qui ont fait l'Histoire, trop souvent oubliées dans les manuels et programmes éducatifs.

L’illustratrice dresse une série de portraits de femmes puissantes et inspirantes qui se sont battues pour leurs droits et leurs rêves dans des sociétés hostiles. De la femme sirène à l'impératrice, en passant par la chamane ou la femme à barbe, Pénélope Bagieu nous offre avec humour un tour du monde de personnages féminins hauts en couleur.

La bande dessinée a reçu en 2019 le Prix Eisner de la meilleure édition américaine d'une œuvre internationale, la plus haute distinction mondiale de la bande dessinée !

 

"Tiens ferme ta couronne" Yannick Haenel

Il y a quelques mois, j'ai croisé Yannick Haenel à Sofia. Notre rencontre m'a laissé un doux goût de rêverie, l'impression d'un labyrinthe de pensées solitaires, cousues par le seul fil d'une quête personnelle inaboutie. Son livre "Tiens ferme ta couronne" est à l'image de cette rencontre, unique et étrange.

 

 

 

 

 

 

"Ce que le jour doit à la nuit", Yasmina Khadra

Aujourd'hui, je vous dévoile mon gros coup de coeur de cette année, Yasmina Khadra, nom de plume de l'écrivain algérien Mohammed Moulessehoul, qui l'emprunta à sa femme pour déjouer la censure de son pays. Cet auteur me touche profondément, par les sujets, par la virtuosité de son écriture, par la beauté cruelle de ses histoires qui dévoilent l'âme humaine, dans toute sa splendeur et sa noirceur. "Ce que le jour doit à la nuit" est un immense chef d'oeuvre, à savourer doucement.

"Terre des hommes" de Antoine de Saint-Exupéry.

La plume de Saint-Exupéry nous fait survoler la cordillère des Andes, le détroit de Magellan et les immensités du Sahara. L'auteur nous raconte ses années d'aviateur, la planète vue du ciel, ses rencontres avec les peuples.

Chef d'oeuvre poétique sur la beauté d'une Terre immense et sauvage, à lire et à relire !

Merci pour ce voyage de vent, de sable et d'étoiles. (Peinture @Litte.r.aria)

"La Nuit sera calme" de Romain Gary.

Un vieil ami d'enfance, un entretien fictif, un dialogue imaginaire et réflexif, c'est la forme qu'a choisi Romain Gary pour se dévoiler. Tout au long de l'oeuvre, il revient patiemment sur les épisodes qui ont marqué sa vie. Il s'explique, il s'énerve parfois, il retrace ses rencontres avec les grands personnages de son époque. Il nous offre sa vision du monde dans un exercice subtil de dévoilement et de création d'une image de soi.
Une vie de diplomate, d'écrivain, d'aviateur, de journaliste, une vie passionnée à la recherche constante de l'autre, source d'inspiration romanesque.