Hommage à Christo

 

L’artiste Christo Vladimirov Javacheff , né à Gabrovo, le 13 juin 1935, est mort le 31 mai, à quelques jours de son 85 anniversaire, à Manhattan où il s’était installé dès 1964 avec sa femme, Jeanne-Claude.   

Apatride, il arrive à Paris en mars 1958. Pour vivre, il peint des portraits réalistes, comme celui de Brigitte Bardot, qu’il signe Javacheff. Mais aussi des portraits qu’il empaquette dans du plastique, signés Christo : ainsi distinguait-il par sa signature sa production alimentaire et son œuvre en construction.

A partir des années 70, Christo est le nom d'artiste sous lequel est identifiée l'œuvre commune de Christo Vladimiroff Javacheff et de son épouse Jeanne-Claude Denat de Guillebon. Les Christo se rendent célèbres par le gigantisme de leurs réalisations et par leur caractère éphémère. Pourquoi empaqueter objets ou bâtiments ? « Ma vie a consisté à survivre, peut-être que tout ce projet est freudien. Les premières œuvres étaient destinées à être dans un coin, comme un inventaire ou un déménagement vers quelque part. Au début, les paquets étaient opaques, comme des baluchons, puis j’ai utilisé du plastique pour que l’on voie à l’intérieur. C’est l’idée d’une transition vers un ailleurs, d’un voyage ».

L’ouverture de son exposition au Centre Pompidou consacrée à la période parisienne de son œuvre (1958-1964), ainsi qu’à son projet parisien le plus emblématique, le Pont-Neuf qu’il avait empaqueté en 1985, était prévue le 16 mars, veille du confinement en France. Celle-ci ouvrira finalement ses portes le 1er juillet.

Quant à l’emballage de l’Arc de triomphe, qui nécessitera 25 000 mètres carrés de tissu recyclable de couleur argent bleuté et 7 000 mètres de corde rouge, qui devait avoir lieu en septembre, il a été reporté à l’automne 2021 (du 18 septembre au 3 octobre).

« Je n’aime pas les rétrospectives, j’aime faire toujours de nouvelles choses. Les rétrospectives, ce sera pour quand je serai mort ! », disait-il. L’exposition, à laquelle il a activement collaboré, se fera donc hommage, et l’installation sera son grand projet posthume.