De la modernité au contemporain : Art et Politique

 

 

La Faculté de Philosophie de l'Université de Sofia "Saint Clément d'Ohrid" et l'Institut français de Bulgarie avec le soutien de l'Agence universitaire de la Francophonie organisent  le colloque international "De la modernité au contemporain : Art et Politique".

 

 

 

 

 

le  9 mai - Institut français de Bulgarie et Salle de théâtre de l'Université de Sofia

le 10 mai - Salle 19, Institut d'éthnologie et de folklore avec musée - ABS

Le colloque accueillera des chercheurs bulgares, roumains (Université de Bucarest) et plusieurs éminents cherheurs français :

  • Fabienne Brugère: philosophe, présidente du conseil académique de l’université Paris-Lumière.
  • Gérard Dessons : théoricien du langage, de l'art et de la littérature, professeur émérite à l'Université Paris 8.
  • Patrick Vauday : philosophe, spécialiste d'esthétique, professeur émérite à l'Université Paris 8.
  • Paul Ardenne : critique d’art et écrivain, université d’Amiens
  • Stephane Douailler : philosophe, Université Paris 8

La table ronde dédiée à l'oeuvre de Josef Koudelka le 9 mai de 16h45 à 17h30 sera l'un des accents de cet évènement.

L’avènement de la modernité artistique, entendue au sens large de la fin de l’âge classique, avec son axiologie, a pu coïncider avec ce qui a largement été commenté comme une forme de démocratisation de l’art. L’expression, discutée ou critiquée (notamment sous l’espèce de l’industrie culturelle) a eu au moins le mérite de mettre en rapport la sphère du politique et de l’artistique, à partir d’un moment historique, où la notion même de l’art devient le lieu d’une interrogation nouvelle.

Par art on entendra ici non seulement les arts, au sens large, impliquant aussi la littérature (comme art du langage) mais aussi et plus essentiellement l’art comme problème, comme lieu d’une interrogation portant sur l’invention de la valeur (comme œuvre) dans ses relations multiples avec sa reconnaissance sociale. Cependant, plutôt que d’indexer l’art sur le politique, selon la modalité traditionnelle de l’art engagé, on cherchera à s’interroger, dans ce colloque, sur les possibles lieux du politique produits par l’art comme tel, sur la capacité ou l’efficience politique de l’art, dans le cadre particulier de la modernité et de l’art contemporain. Dans un tel cadre, l’ordre esthétique dans lequel s’inscrivent les œuvres ne leur préexiste plus, mais procède peut-être de leur invention même, mettant en jeu des critères inédits à partir desquels elles deviennent pensables. L’art contemporain et les querelles qu’il suscite constitue à ce titre un lieu de réflexion privilégié, dans la mesure où il problématise la valeur (n’est-ce plus de l’art, est-ce encore de l’art, déjà une nouvelle forme d’art ?) en rapport avec les valeurs en usage (comme critères de jugement) dans une société.

Un tel cadre conduit à revenir sur les différentes conceptions de la modernité et du contemporain, et notamment sur les notions connexes telles que le post-moderne ou l’hyper-moderne. Il invite aussi à réfléchir, d’une part sur la relation spécifique de l’art au présent, sur le mode de la co-temporalité du contemporain, et d’autre part sur le rapport de l’individu au collectif, comme mise en tension de la valeur (artistique) et des valeurs (sociales, culturelles), constituant autant de manière de voir, de sentir, d’entendre ou de penser. Si l’art ne saurait se dissocier du contexte dans lequel il prend place et agit, son rapport au présent se laisse peut-être aussi appréhender comme celui d’un contre-temps, d’une intempestivité à la faveur de laquelle il se réalise sur le mode critique de l’utopie. Cette dynamique critique, en problématisant la notion même d’art, invente peut-être des régimes de visibilité, des manières de voir, de lire ou de penser qui, constituant un public à venir, conduisent peut-être aussi à penser ou à repenser le politique. Ce colloque se fixe pour objectif d’essayer d’en mesurer et d’en comprendre les enjeux.