SELF PORTRAIT CAMOUFLAGE | France

Programme international "Corps en migration”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11 octobre,  jeudi, 19h30, DNK

Conception et interprétation : Latifa Laâbissi

Scénographie : Nadia Lauro

Dramaturgie: Christophe Wavelet

Environnement sonore: Olivier Renouf

Création lumière: Yannick Fouassier

Figures: Latifa Laâbissi et Nadia Lauro

Production: 391

Coproduction: Les Spectacles vivants – Centre Pompidou (Paris)

Résidence: Centre chorégraphique national de Montpellier Languedoc-Roussillon

Studio: Centre national de danse contemporaine d’Angers

Durée du spectacle : 60 minutes

Le spectacle est déconseillé pour des personnes aux moins de 16 ans 

Billets : 15|10 BGN

à la billetterie du Palais National de la Culture (NDK), en ligne sur tickets.ndk.bg et au DNK une heure avant le début du spectacle. Entrée par le sous-terrain du NDK, à l’opposé des fontaines.

Dans un dispositif blanc, un corps surexposé. Silhouette à nu, sans possibilité d’échapper au regard. Un relief de chair sexué, contracté, inscrivant une image peu à peu recouverte par d’autres images, comme autant d’habillages symboliques.

Danseuse. Femme. Arabe. En France. Son corps tendu en un miroir grimaçant.

Self portrait camouflage : dans le paradoxe du titre résonne une stratégie à double tranchant. Dévoiler et recouvrir, comme deux faces d’un même geste : la capture d’une image impossible – car déjà capturée par d’autres histoires, d’autres discours, d’autres représentations. Comment s’élabore la différence ? Et comment exposer les cadres qui ont servi à la mettre en scène ? Au travers d’une figure accompagnée de son peuple d’autres, Latifa Laâbissi montre et démonte la fabrique du politique – ses frontières sociales, sexuelles et culturelles. Elle dresse une carte comprenant drapeau, visage, voix – portrait d’une altérité dont le camouflage sert aussi d’opération de décryptage. Défilent des symboles pris à l’endroit du trouble, passés au filtre du travestissement et de la subversion, du rire et de sa grimace. Murmurent des voix : celles d’un présent qui continue à chantonner la ritournelle de l’autre menaçant. Et la voix des muets, des tus, des tutoyés, des montrés-du-doigts. C’est avec ces paroles, et dans ce corps que s’effectue la possibilité d’un renversement – de l’intérieur même des signes qui se superposent, des masques drôles ou tragiques qui recouvrent son visage.

Une chorégraphie des formes sociales, un carnaval où le regard est saisi en son point aveugle, révélé en tant que construction, palimpseste. Comme le personnage de Marguerite Yourcenar qui « s’était vu voyant », nous voyons apparaître un angle mort : le fond imaginaire d’où nous regardons ; et l’inquiétante étrangeté qui accompagne notre reflet dans le miroir.

Pour plus d’information  

Le spectacle est présenté dans le cadre de « Corps en migration » - programme international de DNK – Espace pour la danse et performance contemporaine, en partenariat avec l’Institut français de Bulgarie et le soutien financier de la Municipalité de Sofia et TEATROSKOP – l’Institut français, le ministère de la Culture et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.