Frontières, identités, transferts (cycle de débats) N°V

Dans le cadre du cycle de débats "Frontières, identités, transferts", l'Institut français et l'Université de Sofia vous invitent à la conférence :

Droit d’asile et politique migratoire

·        Le 05 juin 2018 à 18H30, Institut Français

Entrée libre, traduction simultanée français / bulgare

 Cliquez ici pour consulter l'affiche de l'événement

 

 

Avec :

Danièle LOCHAK (Université de Paris X, droit) et Ivaylo DICHEV (Université de Sofia, anthropologie)

 

Danièle Lochak est une juriste française, professeure émérite de droit public à l'université Paris-Nanterre et militante associative de la défense des droits de l'homme. Elle est également membre et ancienne vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme. Au cours des dernières années, ses principales publications ont concerné le Conseil d'État sous Vichy, les «bornes» de la liberté, la désobéissance et la dénonciation, les différentes formes de discriminations, les inégalités de genre etc.

 

Ivaylo Ditchev est un professeur d’anthropologie culturelle à l’Université de Sofia Saint-Clément d’Ohrid. Il enseigne également en France, aux Etats-Unis et dans d’autres pays. Ecrivain et essayiste actif, publié en Bulgarie comme en Europe, il est lauréat des prix de l’essai « Panitza » (1999), « Tchernorizets Hrabar » (2002) et « Dimitar Pechev » (2005).

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Frontières, identités, transferts (Cycle de débat d’idées) :
Présentation et programme

Cliquez ici pour ouvrir la présentation des intervenants dans le cadre du cycle.

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Frontières, identités, transferts

(Cycle de débat d’idées)

    

            La force de la crise migratoire actuelle à laquelle le monde est confronté a réactivé le problème des frontières, et tout particulièrement dans l’espace européen où ces questions semblaient appartenir au passé. On a ainsi vu s’ériger de nouvelles frontières et d’autres devenir le lieu d’enjeux liés à cette actualité. Ce faisant, les débats suscités par cette crise ont également réveillé des clivages quant à la conception même des identités (nationales, culturelles, ethniques, religieuses) dans leur rapport à d’autres communautés, rendant la notion de frontière problématique.

            Ce contexte montre qu’aux frontières physiques se superposent des frontières idéologiques, constituées par les hommes et leur histoire, et qu’elles sont avant tout le résultat de constructions symboliques, fluctuant selon les points de vue qui les fixent ou les déplacent. Si les frontières suscitent à ce point les débats, qu’elles sont historiquement l’objet de conflits, c’est peut-être parce que leur tracé impose une discontinuité identitaire dans un continu empirique (culturel, linguistique, social, historique). En discriminant ainsi deux espaces, selon une logique d’inclusion et d’exclusion, la frontière interroge le rapport entre identité et altérité qu’elle façonne ou met en tension. Engager une réflexion sur la notion de frontière revient ainsi à réfléchir aux configurations possibles de ce rapport, c’est-à-dire aux constructions identitaires, à leurs possibles métissages ou mutations historiques. Des frontières peuvent impliquer des mouvements d’appropriation ou de marginalisation, elles peuvent aussi inviter à de passages impliquant des processus d’identification où les cultures et les langues s’articulent dans l’invention de valeurs. Les deux mots latins à l’origine de l’altérité, alius et alter, illustrent peut-être à eux seuls deux conceptions hétérogènes, renvoyant soit à une essentialisation de l’autre soit à une relation de réciprocité à la faveur de laquelle l’altérité devient la condition même de l’identité.

            Une telle question a vocation à mobiliser des approches pluridisciplinaires. Elle peut être investie sur son versant géo-politique, notamment en réfléchissant à des zones frontalières (les marches ou les marges) et au rapport qu’elles impliquent comme telles entre des singularités et l’unité politique où elles s’inscrivent. Elle passe aussi par le problème du rapport entre langue et identité où l’art, au sens général, joue un rôle central.  On pourra également envisager la question des transferts de biens culturels, et la façon dont ils déplacent les identités en modifiant le contexte (spatial, historique) où des objets prennent place, sans oublier les aspects juridiques impliqués dans ces questions. La réflexion conduit également à envisager les frontières sociales internes à une communauté, par lesquelles se construisent des catégories marginales ou déviantes et qui constituent en quelque sorte un répondant intérieur aux migrants, hypostases de l’altérité.

            La Bulgarie, par sa position de carrefour interculturel, à l’articulation d’un espace européen et oriental, en lien avec la complexité de son histoire (thrace, byzantine, ottomane ou soviétique) autant que par les populations marginales qu’elle recèle (les Tsiganes), semble un poste d’observation privilégié pour poser de telles questions.

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Lundi 14 mai 2018

17h00 – 19h00

Conférence à l’Université de Sofia

Salle 21 du Rectorat au 15, bd. Tzar Osvoboditel

Ni forteresse ni passoire : l’Europe continent d’immigration

Avec :

François HERAN (Collège de France, sociologie, démographie) :

Dans le débat public sur l’immigration, notre continent est tiraillé entre deux images inconciliables : l’Europe-forteresse et l’Europe-passoire. Comment expliquer une telle contradiction ? La France offre une première illustration de cette tension. D’un côté, elle a accordé très peu de protections aux demandeurs d’asile qui ont frappé à sa porte depuis 2015 ; de l’autre, elle accorde chaque année depuis quinze ans près de 200 000 titres de séjour à des migrants non européens, essentiellement au titre des droits de l’homme, dont le droit au regroupement familial. On ne retrouve pas cette continuité en Allemagne : le pays mobilise sa force de frappe caritative pour accueillir momentanément les réfugiés de guerre, avant de refermer sa porte. Quant à l’Union européenne, son attitude est paradoxale : en proportion de sa population, elle accueille chaque année plus d’immigrants que les États-Unis, mais elle s’est déchirée sur l’accueil des exilés du Proche-Orient. François Héran reviendra sur les faits, avant d’explorer les raisons du traitement très différencié des migrants d’une extrémité à l’autre de l’Europe, dans laquelle les pays anciennement communistes tiennent une place originale.


François Héran est un sociologue, anthropologue et démographe français. Il a travaillé sur la sociabilité des Français, la formation des couples, dans la lignée des travaux d'Alain Girard, l'éducation, la participation électorale et sur la question de l'immigration. Il a été élu en juin 2017 professeur au Collège de France.

Cliquez ici pour ouvrir l'affiche.

Sa leçon inaugurale est accessible à l'adresse
https://www.college-de-france.fr/site/francois-heran/index.htm"

·        Mardi 24 Avril 2018 à 18h30, Institut Français :

Avec :

Gérard CHALIAND (politologie) et Ognian MINCHEV (Université de Sofia, sciences politiques)

 

Gérard Chaliand est un géopoliticien français, spécialiste de l'étude des conflits armés et particulièrement des guerres irrégulières. Il a été directeur du Centre européen d'étude des conflits (1997-2000) ainsi que conseiller auprès du Centre d'analyse et de prévision du ministère des Affaires étrangères (1984-1994). Il a enseigné à l'Ecole nationale d'administration et à l'Ecole nationale de guerre. Il a été visiting professor à Harvard, Berkeley, UCLA, Tbilissi, etc.

En tant qu'observateur-participant, Gérard Chaliand côtoie durant plus de vingt ans les combattants d’une quinzaine de maquis sur quatre continents (Afrique, Amérique latine, Moyen-Orient, Asie orientale et Caucase). Au total, ses recherches l’ont mené dans plus d'une soixantaine de pays.

Gérard Chaliand a reçu le Prix Castex en 1991 pour Anthologie mondiale de la stratégie et le Prix Vauban en 2009 pour l’ensemble de son œuvre."

 


Ognian Mintchev est un politologue bulgare, docteur ès sciences sociales. Il dirige l’Institut d’études régionales et internationales et par ailleurs, il est le président du conseil de gestion de l’antenne bulgare de l’organisation « Transparence sans frontières ». Il est l’auteur de nombreuses publications en politique extérieure et internationale.

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La frontière est-elle un mur ? Réflexions sur la circulation des savoirs

·        Le 13 Mars 2018, 18h00, Université de Sofia :

Faculté de philosophie, 125 bd. Tsarigradsko Chaussée,
Bât. 4, salle de conférences interactive n° 305

Avec :

Ali BENMAKHLOUF (Université Paris 13, philosophie) 

 

Entrée libre, traduction simultanée français/bulgare

 

Ali Benmakhlouf est un professeur de philosophie arabe et de philosophie de la logique. Il enseigne à l’université Paris-Est Créteil Val-de-Marne, à Sciences Po Paris et à l'Université libre de Bruxelles. Il est philosophe de tradition analytique, spécialiste de logique et des œuvres de Frege, Russell et Whitehead. Il s'intéresse également à la philosophie arabe médiévale.

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Les frontières sont-elles immorales ?


LUNDI 26 FEVRIER 2018 | 18H30
Institut français de Bulgarie
3 place Slaveykov, Sofia 1000


Avec:
Jean-Cassien BILLIER - philosophe, Université Paris-Sorbonne
Tatiana BOUROUDJIEVA - sociologue, Université de Sofia
Débat modéré par Irina NEDEVA, BNR


Entrée libre, traduction simultanée français/bulgare

Un vif débat existe en philosophie politique et éthique contemporaine autour de la question, pourtant fort ancienne, du statut moral des frontières politiques. Le but de cette conférence est de tenter de restituer une partie de ces débats récents en « éthique de l’immigration », et de présenter un diagnostic critique sur les diverses solutions proposées. Nul doute que ce débat d’apparence théorique fait écho aux crises migratoires récentes qui entrainent dans leur sillage nombre de drames humains mais aussi des fortes tensions entre les partisans d’un contrôle strict de l’immigration et ceux d’une large hospitalité aux migrants. L’intérêt des travaux récents en éthique de l’immigration réside peut-être, dans le fait de présenter d’autres options possibles, entre deux extrêmes qui semblent également intenables : la clôture radicale ou l’ouverture sans restriction.


 

Jean-Cassien BILLIER est un philosophe français enseignant à Paris-Sorbonne et Sciences Po. Co-directeur du Collège de philosophie il est un spécialiste dans le domaine de l’éthique normative, la méta-éthique et l’éthique appliquée.

 

 

 

 


 

Tatyana BOUROUDJIEVA est une sociologue et politologue bulgare, qui enseigne à l’Université de Sofia. Parmi les principaux cours qu’elle assure, nous retrouvons la communication politique, les médias, la question de la démocratie, la méthodologie des sciences politiques et l’image politique. Ses intérêts scientifiques portent sur la communication politique, le marketing, et la méthodologie en sciences politiques.