Exposition : Doisneau tout court

L'Institut français présente en partenariat avec le festival Fotofabrika et en collaboration avec Patrick Cazals, l'exposition "Doisneau tout court" au musée régional d'histoire à Sofia. Le vernissage de l'exposition aura lieu le 15 mai à 18h00. L'exposition sera ouverte au public jusqu'au 15 juin.

Simplement Robert Doisneau....

Il n'y a pas de véritable fête du photojournalisme sans un de ses fondateurs. Durant 30 jours nous aurons l'occasion d'apprécier 30 des plus célèbres photographies de Monsieur Doisneau. Ces photographies  ont capturé des moments remplis d'émotions d'un peu plus de 30 ans, allant de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'en 1978. L'exposition n'est pas une rétrospective, ni rangée de manière chronologique. Nous verrons des cadres emblématiques, comme par exemple "la Dame outrée",  où la femme en question regarde un tableau de nu féminin présenté en vitrine d'un magasin d'antiquités; ou encore la "Vénus prise à la gorge" (où Vénus n'est pas exactement prise à la gorge) également - "Le baiser Blotto" et bien évidemment son oeuvre la plus célèbre "le baiser de l'hôtel de ville". Dans tous ces clichés nous apercеvons la vie qui passe, elle n'est pas figée dans les images mais révèle beaucoup plus sur le moment scellé. Malgré le stricte caractère documenté qui caractérise chacune des trente photos, c'est un monde façonné par l'auteur. C'est simplement l'univers de Doisneau,  non pas comme il est, mais tel qu'il devrait être.

« Les miracles du quotidien sont émouvants, aucun réalisateur de cinéma ne peut fait naître l’imprévu que l’on retrouve dans la rue » Robert Doisneau

Robert Doisneau (14 avril 1912 – 1 avril 1994) est parmi les fondateurs du photojournalisme et compte parmi les plus célèbres représentants du mouvement qu’on appelle aujourd’hui la photographie humaniste.

Né dans une famille petite-bourgeoise à Gentilly dans la banlieue parisienne, il devient orphelin à l’âge de 7 ans. C’est sa tante - femme présumément dure et sévère qui l’éleva. Peut-être pour effacer ses souvenirs d’une enfance difficile, Doisneau construit sa carrière autour de la recherche de la légèreté et de la spontanéité de la vie de tous les jours ce qui apporta à son œuvre et à la photographie de rue une reconnaissance mondiale. 

 

 

Il obtient à 17 ans son diplôme de graveur et de litographe à l’école d’arts et industries graphiques de Paris. Il commence à prendre des photos à l’âge de 16 ans mais alors ce garçon timide photographie des objets car il n’a pas encore suffisamment de courage pour prendre des gens en photographie. À partir de 1920, il occupe le poste d’assistant opérateur et d’assistant photographe chez Ulmann Studio. En 1931, il devient l’assistant du photographe moderniste André Vigneau. Doisneau vend son premier récit photographique à l’édition française Excelsior en 1932. C’est seulement sept ans plus tard, en 1939, qu’il commence à travailler pour l’agence de photos Rapho.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, Doisneau fait partie de la Résistance. Son activité principale est liée à la production de fausses pièces d’identité. L’année 1945 représente un tournant dans sa carrière : il travaille pour le plus célèbre magazine de mode Vogue mais la photographie de mode, les images de belles femmes et des objets de luxe n’arrivent pas à remplacer sa passion pour la nonchalance de la rue. Il saisit chaque occasion pour s’échapper du studio et aller flâner dans les rues de Paris, un appareil photo à la main.

Les reportages photographiques de Doisneau paraissent sur les premières pages de magazines prestigieux comme Life, Paris Match, Point de Vue, Regards. Il explore différents thèmes, toutefois son attention principale porte sur la vie des gens ordinaires, sur la question de capter les éphémères moments de bonheur, de tristesse ou d’insouciance. Ses photographies respirent le parfum des banlieues parisiennes, des soupirs des jeunes amoureux et de l’innocence de l’enfance. Il ne parodie jamais les sujets photographiés. Ainsi, après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il refuse de photographier les françaises avec les cheveux rasés, punies pour des affaires amoureuses avec des allemands.

La rétrospective au Musée de l’art moderne à Oxford en 1992 est la dernière exposition qu’il organise de son vivant. Après son décès en 1994, Robert Doisneau laisse plus de 450 000 négatifs de photographie qui racontent toute une époque avec une finesse unique et une curiosité pour les petits moments de la vie.

L’exposition « Doisneau tout court » représente le première rencontre du public bulgare avec certaines des plus célèbres photographies de l’auteur.