Les projets de soutien aux populations vulnérables

Projet de cartographie des quartiers ségrégués : La population des quartiers ségrégués, qui représente environ 10% de la population bulgare, est particulièrement vulnérable, marginalisée, elle fait face à la discrimination, l’exclusion sociale et la pauvreté. La situation est extrêmement contrastée selon les villes et au sein même des quartiers ségrégués. Or il est extrêmement difficile d’avoir des informations basiques (par exemple le nombre d’habitants) et fiables sur ces quartiers. Le service de la CIT a donc décidé d’initier un projet de cartographie de ces quartiers, outil fondamental et indispensable pour la mise en place d’une stratégie mais qui permettra également de fédérer les différents acteurs et de partager les « bonnes pratiques ». Un projet de cartographie des quartiers ségrégués, développé conjointement avec une ONG bulgare, sous la forme d’un site internet multilingue (bulgare, anglais, français) a donc été programmé par le secteur.

Il a également été décidé de maintenir l’appui aux ONG menant des actions remarquables pour une meilleure intégration des populations marginalisées : la fondation HESED à Sofia intervenant dans les quartiers de Fakulteta (40.000 habitants) et de Filipovtsi  (10.000 habitants) en accompagnant les enfants de ces quartiers ségrégués dès leur plus jeune âge, (http://www.hesed.bg/) ; Médecins du Monde dans le quartier de Nadejda  (40.000 habitants) à Sliven travaille sur la prévention des grossesses précoces, ATD Quart Monde dans le quartier de Stolipinovo (70.000 habitants) se concentre sur l’accès à l’éducation des enfants de ce quartier (http://www.medecinsdumonde.org/A-l-international/Bulgarie).

Le secteur de la CIT, même s’il ne soutient pas financièrement l’ONG Eau et Vie, l’accompagne dans son projet d’accès à l’eau pérenne dans le quartier de Filipovtsi à Sofia.

Par ailleurs, le secteur de la CIT a fait appel dans le cadre de la loi Oudin-Santini à l’agence de l’eau Artois-Picardie pour un autre projet d’accès à l’eau dans le quartier ségrégué d’Iztok de la ville de Kyustendil. En partenariat avec deux ONG bulgares, ce projet pourrait servir d’exemple dans de nombreux autres quartiers ségrégués de villes bulgares.

Le secteur de la CIT soutient également deux très beaux projets portés par des ONG bulgares à l’intention des enfants des quartiers ségrégués mais aussi à des enfants d’orphelinats ou avec des déficiences physiques et mentales. Le premier projet, en partenariat avec le secteur culturel, « Social circus for hope » intervient par le biais du cirque auprès de ces enfants, le second « Team for hope » par le biais du foot.

Projet de premier centre de cirque social en Bulgarie

Le secteur de la coopération institutionnelle et technique de l’Ambassade de France en Bulgarie soutient les associations menant des actions remarquables favorisant la protection et l’inclusion des populations vulnérables. 

La fondation bulgare Mini art fest organise depuis neuf ans le premier et unique festival de cirque contemporain en Bulgarie. Depuis deux ans, Galina Ryom-Røjbek et Geo Kalev, fondateurs de la fondation Mini art fest, développent également un programme de cirque social pour une quarantaine d’enfants marginalisés, handicapés ou d’origine rom dans le quartier de Nadezhda à Sofia.

 

 

En 2018, la Fondation a publié un livre afin de promouvoir la méthodologie du cirque social en Bulgarie et de partager les histoires des enfants des centres sociaux et des écoles du quartier de Nadezdha.

Le 1er juin 2019, des représentants de l’Ambassade de France en Bulgarie, de l’Institut français de Sofia, de l’Ambassadeur du Danemark et de la municipalité de Sofia aux côtés d’une quinzaine d’artistes internationaux invités, ont ouvert la neuvième édition du Mini art fest dans le grand parc du sud de la capitale.

Ce festival met à l’honneur le cirque contemporain, méconnu en Bulgarie, et sensibilise le public bulgare au cirque social comme pratique sportive, sociale et artistique efficace pour l’insertion de jeunes Bulgares vulnérables.

Les enfants bulgares qui ont suivi les dix sessions d’entrainement du programme de cirque social d’avril à juin 2019 ont ouvert le festival. Leur performance fut suivie d’une série de spectacles de jeunes artistes danois (Cirkus Tvaers), bulgares (Yanica Sabinova), français (Lonely Circus et Paul Keaton) et d’ateliers d’équilibre, de jonglage et d’acrobaties mais aussi de recyclage. Plus de 2500 personnes ont assisté et participé aux différentes activités.

La compagnie de cirque danois Cirkus Tvaers, partenaire de la fondation Mini art fest, développe la pratique du cirque social depuis 1986. Six jeunes vivant dans le quartier défavorisé de la ville de Aarhus, dont les familles sont majoritairement originaires de Palestine, participent au programme de cirque social de Cirkus Tvaers depuis cinq à dix ans. Ces jeunes artistes semi-professionnels ont présenté leurs spectacles lors des différentes rencontres.

Le 2 juin 2019, les artistes se sont produits dans une école de Fakulteta (75 Todor Kableshkov, Secondary School), le plus grand quartier ségrégué de Sofia (entre 25 000 et 30 000 habitants). Certains habitants de ce quartier vivent dans une extrême pauvreté, l’accès à l’eau et l’électricité ne sont pas assurés, de nombreux logements sont des constructions illégales, l’accès à la culture et à l’art est pratiquement inexistant. Ce dimanche 2 juin, la salle était comble, environ trois cents personnes, dont deux tiers d’enfants, étaient présents pour assister aux spectacles.

Le 3 juin 2019, une conférence internationale « Créer un centre de cirque social à Sofia en 2020 » a eu lieu à l’Institut français de Sofia. Shadi Zmorrod, fondateur de l’école palestinienne de cirque, Søren Stockmar et Christina Wegener fondateurs de Cirkus Tvaers, et Susan Burnell du réseau international de cirque pour la jeunesse – Caravan – étaient présents pour un partage d'expériences. Des représentants de l’Ambassade de France, de la municipalité de Sofia et de diverses associations engagées sur les problématiques sociales et sur l’intégration des populations défavorisées ont également participé à cette rencontre.

L'objectif de cette rencontre était d'élaborer une stratégie pour un développement et un financement pérennes des actions de la fondation Mini art fest mais également d'une implantation d'un centre de cirque afin de permettre à des enfants vulnérables d'avoir accès aux entraînements tout au long de l'année.

 

 

Le poste se félicite du soutien apporté à la Mini Art Fondation, très beau projet permettant de promouvoir le cirque contemporain français mais également le soutien aux populations vulnérables d'où une coopération inter-services au sein de l'ambassade de France en Bulgarie (secteur culturel et de la coopération institutionnelle et technique); à souligner également que c'est un projet soutenu aussi bien par la municipalité de Sofia que les ambassades de France et du Danemark.

Le site Internet de la Fondation Mini Art Fest : https://miniartfest.com/

Site internet de Cirkus Tvaers : cirkustvaers.dk

A Sofia: le cirque d'espoir des enfants oubliés

Pour voir l'article original publié sur Le Journal International : cliquez ici

Le 4 avril 2019, l’élégante bâtisse de l’ancienne ambassade belge en Bulgarie s’est transformée en véritable scène de spectacle dédiée à la promotion du premier cirque social en Bulgarie.

Entre deux numéros d’acrobaties, Galina Ryom-Røjbek et Geo Kalev, fondateurs de la Mini Art Fondation expliquent :

« Cette journée vise à faire connaître une pratique totalement méconnue en Bulgarie, le cirque contemporain, très éloigné de l’image traditionnelle d’un cirque de clowns et d’animaux. »

« On souhaite aussi récolter des dons pour financer un chapiteau qui servira pour deux de nos grands projets : le Mini Art Fest, premier festival international de cirque contemporain en Bulgarie, qui aura lieu le 1er et le 2 juin, et le programme de cirque social que nous développons dans le quartier Nadezhda de Sofia. »

Jongler pour effacer l’obscurité

À l’étage, enfants et adolescents s’appliquent à démêler les fils des diabolos, cherchent leur équilibre sur les monocycles et s’essaient au jonglage avec des balles de toutes les couleurs qui s’envolent au-dessus des têtes. Bientôt ce sera à leur tour de présenter ce qu’ils ont appris pendant l’après-midi. Ces jeunes ont tous des histoires difficiles, des traumatismes familiaux, des handicaps qui les isolent du reste de la société. Souvent, ils ne connaissent pas leurs parents ou ne les ont pas vu depuis longtemps.

Mais lorsque leur présentation commence ils se tiennent tous par la main et leurs yeux brillent sous le regard du public. L’Ambassadeur du Danemark parraine l’événement. L’Institut Français et la municipalité de Sofia sont aussi représentés.

Mitko s’élance sur la piste, et sous les regards admiratifs du public, il fait glisser le long de son bras une balle bleue et la rattrape avant qu’elle ne touche le sol. Mitko est aveugle.

Du Danemark à la Bulgarie : une championne de retour au pays

Galina observe avec fierté et émotion les performances des enfants et des jeunes réunis autour d’elle. Galina est championne du monde de monocycle et artiste de cirque avec plus de vingt ans d’expérience, et pourtant chaque acrobatie réalisée par un enfant étire son sourire comme si c’était la première fois.

 

Née en Bulgarie et adoptée par un couple danois à l’âge de 4 ans, Galina revient dans son pays natal en 2016 pour retrouver ses racines, visiter sa ville et le foyer pour enfants dans lequel elle a passé les premières années de sa vie. Très vite elle décide de s’installer à Sofia et de développer le premier cirque moderne et social en Bulgarie.

Une méthodologie innovante pour l’intégration sociale

Le cirque social vise à éliminer les obstacles entre les différents groupes de la société, à faciliter l’accès à des activités physiques, artistiques et culturelles pour des enfants ou des adultes qui n’en n’ont pas l’opportunité autrement. En 2017, elle crée avec Geo la Mini Art Fondation pour mettre en œuvre ce projet.

 « Le cirque social est une véritable formation pour les jeunes. À travers l’art, les acrobaties, le jonglage, le monocycle, ils développent une confiance en eux, une empathie, et apprennent à interagir en groupe. C’est un premier pas pour former des citoyens ayant la volonté de jouer un rôle dans la société », explique Galina. La Mini Art Fondation travaille en partenariat avec un cirque danois, Cirkus Tværs, qui développe la pratique du cirque social depuis 1986. « Il existe plus de vingt cirques sociaux au Danemark simplement parce que la méthode est très efficace et utile. Le cirque social est très inclusif, il rassemble les cultures et est conçu pour les personnes de toutes les classes sociales ».

En 2018, la Fondation publie un livre afin de promouvoir la méthodologie du cirque social en Bulgarie et de partager les histoires des enfants des centres sociaux et des écoles du quartier de Nadezdha qui ont participé au programme d’entrainement de huit semaines, clôturé par deux représentations artistiques.

Précurseurs dans un pays où l’art du cirque n’est pas reconnu, Galina et Geo doivent se battre pour pérenniser et élargir leurs activités. En 2018, ils ont ouvert le premier club sportif pour la pratique du monocycle en Bulgarie, sport qui rencontre chaque mois de plus en plus d’adeptes.

Que ce soit par la pratique sportive ou avec le cirque social, « c’est l’espoir de construire ensemble et de créer plus de ponts que de barrière entre les gens » qui pousse toute l’équipe de la Mini Art Fondation à multiplier les apparitions dans les médias et les rencontres afin de sensibiliser les bulgares au cirque comme instrument privilégié d’intégration sociale.

Crédit photos: Geo Kalev.